Histoire de la statue de Notre-Dame de Bonne Délivrance


La Vierge Noire de Paris encore appelée « Vierge des âmes en peine » était honorée depuis le  XIe siècle à Saint-Étienne-des-Grès, église construite sur la colline Sainte-Geneviève. Les grâces signalées pour les fidèles qui la priaient y attirèrent un grand nombre de pèlerins. Avec le XVIe siècle s’intensifie la dévotion mariale. Jean Olivier, chanoine de Saint Étienne fonde la Confrérie de Notre Dame de Bonne Délivrance. En peu de temps, la Confrérie atteint 12000 membres. Toutes les classes de la société, des rois et reines jusqu’aux humbles artisans se pressent au pied de la Madone. Notre Dame exerce aussi un extraordinaire attrait sur les jeunes. Située en plein centre d’un quartier étudiant, non loin de la Sorbonne et des écoles les plus célèbres dont celle des jésuites, la chapelle mariale reçoit souvent leur visite. La misère est grande dans les classes laborieuses et nombre de pères de famille sont emprisonnés pour dettes. Grâce aux aumônes recueillies par la Confrérie beaucoup recouvrent la liberté.

 

La Confrérie disparait avec l’arrivée de la Révolution. Le 12 juillet 1790 les scellés sont mis sur les portes de l’église. Quelques temps plus tard des affiches annoncent « la mise en vente de mobilier d’église et d’une statue de la Vierge en pierre haute d’environ 5 pieds 1/2 et placée dans l’église Saint Étienne des Grès« . Une comtesse, Madame de Carignan Saint Maurice, qui vouait une grande dévotion à Notre Dame de Bonne Délivrance, achète la statue en 1791 et la conserve à son hôtel rue Notre-Dame-des -hamps à Paris jusqu’en 1806.

 

En 1793 la Comtesse de Carignan Saint Maurice est incarcérée à la prison des Oiseaux. Elle y fait la connaissance de la Supérieure Générale des Soeurs de Saint-Thomas de Villeneuve et d’autres religieuses, elles-mêmes emprisonnées. Elles se lient d’amitié et prient la Vierge de leur accorder la délivrance dans leur infortune. Un an plus tard, elles sont libérées. Mais une nouvelle menace pèse sur les soeurs de Saint-Thomas de Villeneuve : en 1794, elles sont dénoncées comme religieuses déguisées et leur Maison Mère, rue de Sèvres, est mise en adjudication. Madame de Carignan avertie, fait voeu de céder la statue de la Vierge Noire aux soeurs si ces dernières échappent à ce nouveau malheur. Ce qui se réalise : le 2 juillet 1806, la Vierge Noire est installée dans la chapelle des soeurs rue de Sèvres.

 

Un dernier voyage conduira la statue à Neuilly-sur-Seine, ville où les soeurs installent leur nouvelle Maison Mère en septembre 1908. Aujourd’hui, Notre Dame continue l’oeuvre de sa maternelle protection et son culte s’étend à travers le monde. Puissent tous ceux qui l’invoquent entendre cette pressante invitation (inscription gravée au-dessus de la statue) : « Sur mon bras Dieu cherche ton âme, viens mon enfant ».

Bibliographie non exhaustive :

BASCHER (de) Jacques (dom), La Vierge noire de Paris, éd. Téqui, Paris, 1980

EXPERT Louis (chanoine), La Vierge noire de Paris, Notre-Dame de Bonne Délivrance, éd. Desclée de Brouwer, Bruges, 1937

MARIE-ANDRÉ, La Vierge noire de Paris, châtelaine de Neuilly, Notre-Dame de Bonne Délivrance, éd. P. Lethielleux, Paris, 1959